1. Aoua Keïta, la voix des indépendantes

Première femme députée de l’Afrique occidentale française, Aoua Keïta s’exprime au nom des Africaines et des Africains épris de justice et de liberté. Figure historique de l’Indépendance du Mali, Aoua Keïta a gagné sa popularité grâce à ses talents de sage-femme. Syndicaliste, membre de l’US-RDA dès sa création en 1946, elle incarne le mouvement anticolonial et panafricain de l’émancipation des femmes. Au son de nos archives inédites, nous découvrons toute son éloquence, plus de 60 ans après l’indépendance du Mali.

2. Radhia Haddad, présidente des femmes

Seule femme tunisienne dont une rue porte le nom, Radhia Haddad est une figure de l’indépendance et de l’émancipation des femmes en Tunisie. Première femme députée à l’Assemblée nationale, première présidente de l’Union nationale des femmes tunisiennes, cette militante a participé à la mise en œuvre de la politique d’émancipation des femmes du président Habib Bourguiba qui l’a surnommée « La Présidente des Femmes ».

3. Femmes au Niger, une marche pour l’Histoire

À la surprise générale, les femmes nigériennes sortent le 13 mai 1991 pour marcher dans toutes les villes du pays. Associations féminines, femmes syndiquées ou femmes au foyer, elles réclament le droit à participer au laboratoire de la conférence nationale, dans un Niger en pleine effervescence démocratique pour lequel notre grand témoin Aïchatou Boulama Kané, devenue Ambassadrice du Niger, s’est battue. Pourquoi les femmes ont-elles affronté les hommes ? Comment la marche s’est-elle organisée ? Et qu’est-ce que le 13 mai 1991 a changé dans l’histoire politique du Niger ?

4. Wangari Maathaï, prix Nobel de la paix

« C’est l’histoire d’une femme qui se lève, pour lutter contre la cupidité, et contre ceux qui voulaient détruire la forêt… pour leur dire : je suis prête à mourir plutôt que de vous laisser faire. Il faudra me passer sur le corps ». Chantée par la jeunesse kenyane, Wangari Maathaï a inscrit son engagement dans un triptyque fétiche : environnement, démocratie et paix. Une pensée « holistique », selon l’académie du Nobel Prize qui l’a distinguée en 2004.

5. Tchad, quand les femmes prennent la voix du syndicat

À peine 40 ans et déjà syndicaliste chevronnée. Kamadji Demba Karyom est l’une des militantes les plus impliquées dans la lutte contre le régime autoritaire du clan Déby. Faisant du syndicat l’échelon le plus approprié « pour lutter contre la dictature », comme elle l’exprime publiquement lors de ses conférences.

6. Les sœurs Nardal, phénomène éditorial

Elles s’appellent Jane et Paulette Nardal et incarnent la modernité noire dans les années 1920/1930. Petites-filles d’esclaves nées en Martinique, elles font partie des premières étudiantes antillaises venues étudier à La Sorbonne à Paris. Devenues écrivaines, traductrices et journalistes, Jane et Paulette reçoivent dans leur célèbre salon littéraire de Clamart les grands noms du mouvement culturel afro-américain et africain. Invisibilisées, méconnues, Jane et Paulette Nardal sont pourtant les autrices d’une œuvre théorique et littéraire incontournable. Leurs textes préfigurent la Négritude de Senghor, Césaire et Damas. Une épopée éditoriale magistrale, racontée avec Brent Hayes Edwards, professeur au département d’anglais et de littérature comparée à Columbia University et la participation de Léa Mormin-Chauvac, biographe des sœurs Nardal.

7. Marie-Cécile Zinsou, pionnière de l’art contemporain au Bénin

L’amazone de l’art œuvre pour transmettre la création aux enfants et soutenir les créations d’artistes africains. Fondatrice du Musée de Ouidah au Bénin, elle fut la première à exposer Romuald Hazoumé ou Cyprien Tokoudagba, alors inconnus dans leur propre pays. Marie-Cécile Zinsou a également été la première à exposer Jean-Michel Basquiat ou Joël Andrianomearisoa sur le continent. Son engagement culmine avec l’exposition « Promesse », célébrant 20 ans d’engagement et de restitutions : celles des trésors royaux du Dahomey et de l’identité des Béninois. Esprit libre, Marie-Cécile Zinsou reste fidèle à la promesse faite à son grand-oncle, le Président Zinsou : changer le monde…

8. Émilienne Mukansoro, quand la parole répare les vivants

Plus de 30 ans après le génocide des Tutsi, découvrez le parcours d’Émilienne Mukansoro, rescapée et militante. Victime et témoin des violences d’avril à juin 1994, elle a cofondé les premiers groupes de parole pour les femmes victimes de viols et mutilations. Formée par le psychothérapeute pionnier Naason Minyandamutsa, Émilienne poursuit son combat en créant aussi des espaces de dialogue pour les bourreaux, contribuant ainsi à la reconstruction et à la réconciliation au Rwanda.

9. Miriam Makeba et Stokely Carmichael, pour l’amour de la révolution

En 1968, Miriam Makeba, la chanteuse africaine la plus célèbre du monde et Stokely Carmichael, figure du mouvement Black Power, quittent les États-Unis pour s’installer à Conakry et rejoindre la révolution socialiste de Sékou Touré. Avec l’historienne Elara Bertho, l’épisode explore ce moment méconnu où luttes anticoloniales, violences raciales et espoirs panafricains s’entrecroisent. À travers archives sonores et récits, l’épisode raconte comment le couple met son influence au service des mouvements de libération accueillis en Guinée indépendante.