Indépendance : le rôle clé de la mère furieuse
Le 28 septembre 1958, la Guinée rejette massivement la Constitution française proposée par le Général de Gaulle. Ce vote, à 97,4 % pour le « NON », exprime clairement le désir ardent de liberté et de souveraineté du peuple guinéen. Cette rupture historique, souvent illustrée par le combat de figures masculines comme Sékou Touré, a pourtant aussi été portée par des femmes puissantes et déterminées. Hadja Aissatou Mafory Bangoura en fait partie.
Connue comme une ‘mère furieuse’, Mafory Bangoura est une figure emblématique de la résistance féminine. Aux côtés des hommes, elle joue un rôle déterminant dans la lutte pour l’indépendance.
Son engagement se manifeste par des actions fortes
Présidente du comité des femmes du Rassemblement Démocratique Africain (RDA), une fédération de partis politiques anticolonialistes de l’ensemble des colonies de l’AOF, ses engagements se manifestent par des actions fortes. Elle appelle même les femmes à faire la grève du sexe pour inciter les hommes à s’engager dans sa lutte politique. Dévouée entièrement à la cause de l’indépendance de la Guinée, elle demande à ses amis de vendre leurs bijoux et objets de valeur pour financer le parti.
Non scolarisée, elle devient ministre des Affaires sociales
En 1958, la Guinée proclame l’indépendance et Ahmed Sékou Touré en devient le président. Elle occupe alors plusieurs fonctions liées aux femmes au sein du gouvernement. De 1970 à 1976 Mafory Bangoura accède aux plus hautes fonctions de l’État, devenant ministre des Affaires sociales. Non scolarisée, sa légitimité repose sur son courage, sa détermination et la confiance profonde que lui accorde le peuple guinéen.
Lors de l’agression portugaise en 1970, Mafory Bangoura galvanise les femmes en appelant à la résistance avec la même ardeur que lors des années d’indépendance. Elle montre une nouvelle fois que la révolution coule dans ses veines.
Aujourd’hui encore, la figure de la mère furieuse symbolise la Guinée fière, debout et libre. Célébrer le 2 octobre, jour de l’indépendance, c’est lui rendre hommage, mais aussi à toutes celles qui, comme elle, ont osé se lever, ont osé prendre la parole, défier l’autorité pour défendre leur liberté.
Le combat de Mafory Bangoura continue et ne s’éteindra jamais.
Marion Bouche pour KadiFM.
