N’Zérékoré : les femmes Zogo prêtes à poser le couteau
De grandes concertations entre les leaders communautaires et les femmes Zogo ont eu lieu jeudi 17 juillet à N’Zérékoré, autour du sujet brûlant des mutilations génitales féminines (MGF).
« Nous sommes prêtes à abandonner. Mais nous avons besoin d’un accompagnement. Aidez-nous à entreprendre des activités génératrices de revenus pour que nous puissions vivre dignement », a lancé une participante Zogo, jeudi 17 juillet à N’Zérékoré lors d’une rencontre entre des leaders communautaires et des femmes Zogo, figures clés dans la perpétuation des mutilations génitales féminines (MGF).
Organisée par l’Inspection régionale de la Promotion féminine, de l’Enfance et des Personnes vulnérables de N’Zérékoré, cette réunion avait pour objectif de lancer une collaboration plus étroite entre les pouvoirs publics, les partenaires au développement et les acteurs communautaires, pour éradiquer les MGF en région forestière.
« C’est un début de collaboration »
Mohamed Mariame Kéita, inspecteur régional de la Promotion féminine, a expliqué le bien-fondé de l’initiative : « Les premières bénéficiaires pour l’abandon de l’excision, ce sont les femmes Zogo. Aujourd’hui, il s’agissait d’organiser ces séances de concertation, de dialoguer sur les conséquences de cette pratique afin d’obtenir leur adhésion totale pour accompagner le gouvernement dans sa politique de protection et de promotion des droits des femmes dans la région. C’est un début de collaboration. Les femmes nous ont montré, à travers leur engagement, leur volonté d’abandonner cette pratique, tout en exprimant des inquiétudes. Nous, à travers l’État et nos partenaires, analysons ces inquiétudes pour leur apporter un soutien dans la réalisation d’activités génératrices de revenus. »
Roger Lamah, représentant de l’UNICEF, a quant à lui réaffirmé l’engagement de son institution à accompagner les efforts du gouvernement guinéen et des communautés locales : « Du moment où le gouvernement s’engage à contribuer au bien-être des enfants et des femmes, l’UNICEF restera toujours aux côtés du gouvernement et de la région, pour mobiliser toutes nos ressources afin que les enfants et les femmes bénéficient de leurs droits et puissent s’épanouir dans la paix et la sérénité. »
« Encore 24 camps d’excision à N’Nzérékoré »
Enfin, le Directeur de cabinet du Gouvernorat de N’zérékoré, Tidiane Soumah, a lancé un cri du cœur aux communautés : « Si, hier, cela faisait partie de nos coutumes et traditions, sachez qu’aujourd’hui, c’est une atteinte grave aux droits humains. C’est pourquoi, si vous avez accepté de venir assister à cette journée de sensibilisation, vous devez prendre en compte les recommandations faites lors de cet atelier. Car cela fait mal. Chaque année, nous parlons de 24 camps d’excision ici à N’Nzérékoré. »
Marion Bouche pour KadiFM
