Sénégal: la bibliothèque afro-féministe Awu à Dakar

À Dakar, une petite bibliothèque afro-féministe a ouvert ses portes il y a un an et demi. Elle se fait doucement connaître, et propose une belle sélection d’ouvrages. Avec des auteures du continent, mais également afro-américaines et de la diaspora qui ont pensé le féminisme en Afrique et ailleurs.

Au Cameroun, le combat pour l’autonomie financière des femmes

À Maroua, à l’extrême-nord du Cameroun, coincées dans un contexte de crise sécuritaire et économique, les femmes sont particulièrement vulnérables. L’association féministe Au secours des filles mères intervient dans les quartiers et les villages pour les sensibiliser et les former à leurs droits économiques, clé de leur indépendance. Reportage de Raphaëlle Constant.

Côte d’Ivoire: l’université d’Abidjan prend le problème des violences de genre à bras-le-corps

En Côte d’Ivoire, le militantisme des organisations féministes ainsi que la production d’une enquête de terrain révélant l’ampleur des violences sexuelles sur le campus ont poussé l’université Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan, la plus grande du pays, à se doter de mécanismes pour favoriser l’égalité des genres et la dénonciation des agressions à caractère sexuel.

RDC: la bataille des femmes pour le respect de l’IVG dans le Protocole de Maputo

En République démocratique du Congo, entre la prédominance chrétienne, les valeurs traditionnelles et les lois, des voix féminines s’élèvent pour permettre à la femme congolaise de disposer librement de son corps. L’interruption volontaire de grossesse (IVG) est pénalement répréhensible jusqu’à 10 ans de prison, même si le Protocole de Maputo, un complément à la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, est entré en vigueur depuis 2018 dans le pays. Le texte n’autorise que l’avortement médicalisé en cas d’agression sexuelle, de viol, d’inceste et lorsque la grossesse met en danger la santé mentale et physique de la mère ou la vie du fœtus. À Kinshasa, des femmes militent pour le respect de ce texte, voire son extension.

Guinée: Jeanne Martin Cissé, première femme présidente du Conseil de sécurité de l’ONU

En 1972, pour la toute première fois dans l’histoire, une femme préside le Conseil de sécurité des Nations unies. Elle s’appelle Jeanne Martin Cissé et elle est Guinéenne. Après s’être battue pour l’indépendance de son pays, elle joue pendant près de trois décennies un rôle politique de premier plan. Matthias Raynal raconte l’histoire de cette icône guinéenne devenue source d’inspiration majeure pour les féministes de son pays.

«La parole aux négresses» d’Awa Thiam, livre fondateur du féminisme africain

Au Sénégal, Awa Thiam a marqué le féminisme panafricain avec son ouvrage « La parole aux négresses », publié en 1978. À l’époque post-indépendance, ce livre fondateur du féminisme africain est qualifié de « provoquant ». Mutilations féminines, excision, polygamie, avortement, grossesses précoces, mariages forcés, blanchiment de la peau, répudiation, dot. Autant de thèmes tabous – encore actuels 45 ans plus tard – abordés dans cet ouvrage précurseur qui remet en question le rôle oppressif des hommes.

Tchad: la lutte contre l’excision dans le village de Bedaya

Aujourd’hui, nous nous intéressons à l’excision, le fait d’amputer l’ensemble ou une partie de l’appareil génital des jeunes filles. Direction le Tchad, où la pratique est officiellement interdite depuis 2002. Dans ce pays, 38 % des femmes sont excisées selon une étude de l’Unicef datant de 2020. Ce chiffre monte à 83 % dans la région méridionale du Mandoul, berceau de la communauté Sara, majoritairement chrétienne. L’excision est ancrée profondément dans la tradition et associée aux rites initiatiques du passage à l’âge adulte. Pourtant, certaines femmes tentent de faire évoluer les choses comme Louise Yanakneloum, parajuriste et sensibilisatrice pleine d’énergie que notre correspondant Carol Valade a suivie dans son combat quotidien contre les mutilations génitales féminines dans le petit village de Bedaya.

Maroc: Ghizlane Mamouni, figure féministe du Royaume

Nous allons ce matin au Maroc. C’est maintenant que se joue l’avenir des droits des femmes dans le pays : préparation d’une réforme du Code de la famille, révision du Code pénal et création d’un Code de l’enfant … Les voix féministes se lèvent pour que ces changements aboutissent, en intégrant des lois plus égalitaires entre les femmes et les hommes. La chef de file de ces voix, c’est Ghizlane Mamouni. Avocate en droit bancaire et financier, sa lutte pour les droits des femmes a pris de plus en plus de place dans son quotidien ces cinq dernières années, au point de devenir la figure du féminisme du Royaume. Portrait de Ghizlane Mamouni signé Nadia Ben Mahfoudh